h hoge.gg
Subscribe
BTC$67,432.18+2.34%ETH$3,521.44+1.08%SOL$178.62-0.62%BNB$612.30+0.41%XRP$0.6234-0.18%ADA$0.4521+3.12%DOGE$0.1623+1.86%AVAX$38.71-1.24%LINK$17.84+0.92%HOGE$0.00004120+4.21%
BTC$67,432.18+2.34%ETH$3,521.44+1.08%SOL$178.62-0.62%BNB$612.30+0.41%XRP$0.6234-0.18%ADA$0.4521+3.12%DOGE$0.1623+1.86%AVAX$38.71-1.24%LINK$17.84+0.92%HOGE$0.00004120+4.21%
● Predictions & Forecasts

Perspectives de fin d’année : qui achète le Bitcoin d’ici décembre

Le 20 octobre, l'acheteur ETF est revenu quand la Fed s'apprête à resserrer en décembre. Notre grille de lecture des flux et des objectifs pour les dix dernières semaines de 2026.

Le 20 octobre, les ETF Bitcoin au comptant cotés aux États-Unis ont encaissé 527 millions de dollars de souscriptions nettes en une seule séance, leur meilleure journée depuis le 22 septembre, l’essentiel venant du fonds IBIT de BlackRock, qui a signé avec 665 millions sa plus grosse entrée de 2026 (FXStreet). Replacée dans le mois, la nouvelle est moins triomphale : octobre reste un mois de décollecte pour les produits crypto, plus d’un milliard de dollars de sorties cumulées, dont une seule séance du 7 octobre a aspiré 487 millions (24/7 Wall St.). L’acheteur marginal du marché n’a pas disparu ; il hésite.

C’est la bonne façon d’aborder une perspective de fin d’année en 2026. La question utile n’est pas « quel chiffre » : les objectifs des grandes maisons s’étalent de 100 000 à 250 000 dollars, une fourchette si large qu’elle ne prédit presque rien. La question est « qui achète, qui vend, et à quel rythme » sur les dix semaines qui restent. D’un côté, un acheteur institutionnel qui vient de se réveiller. De l’autre, une Réserve fédérale qui, pour la première fois depuis des années, resserre à l’approche de décembre. Entre les deux, un cycle que l’institutionnalisation a amorti. Ce guide pose le grand livre des flux, le calendrier des deux dernières réunions de la Fed, le mur réglementaire et trois scénarios chiffrés en euros. Au matin du 21 octobre, le Bitcoin se traite autour de 74 000 euros (environ 83 000 dollars) et l’Ether autour de 2 200 euros (environ 2 465 dollars), selon les relevés de marché (Yahoo Finance).

Le tableau de bord au 21 octobre

Avant d’ouvrir le grand livre, voici l’état des lieux. Toutes les conversions utilisent un taux EUR/USD de 1,1232, l’euro ayant cédé environ 3,2 pour cent sur un an face au dollar. Les montants en dollars sont ceux que citent les analystes ; les équivalents en euros servent de repère au lecteur de la zone euro.

IndicateurValeur au 21 octobre 2026
Bitcoin (BTC)~74 000 EUR (~83 000 USD), +2,2 % sur un mois, -25 % sur un an
Ethereum (ETH)~2 200 EUR (~2 465 USD), -7,4 % sur un mois, -38,5 % sur un an
Sous le record d’octobre 2025environ un tiers (record 126 080 USD, ~107 700 EUR, le 6 octobre 2025)
EUR/USD1,1232 (euro -3,2 % sur un an)
Fed, réunion du 28 octobre~83 % de maintien, de l’ordre de 15 % de hausse (CME FedWatch)
Fed, réunion des 8-9 décembre~76 % de hausse ; plus de 95 % d’au moins une hausse d’ici fin 2026
Flux ETF Bitcoin, 20 octobre+527 M USD (meilleure séance depuis le 22 septembre)
Flux ETF crypto, mois d’octobrenégatif, plus de 1 Md USD de sorties cumulées

Deux chiffres résument la tension de fin d’année. Le premier est le rebond de collecte du 20 octobre, signe que la demande institutionnelle répond encore présente. Le second est la probabilité d’une hausse de taux en décembre, supérieure à trois chances sur quatre (DeFiRate). Rarement une fin d’année aura autant opposé un acheteur structurel à une banque centrale restrictive.

La vraie question : qui est l’acheteur marginal

En finance de marché, le prix se fixe à la marge. Ce n’est pas la masse des détenteurs qui bouge la cotation, mais le dernier acheteur ou le dernier vendeur prêt à traiter, celui dont l’ordre fait basculer le carnet. Depuis l’arrivée des ETF au comptant début 2024, cet acheteur marginal a changé de nature. Pendant deux cycles, c’était le particulier, arrivant en fin de hausse par vagues d’enthousiasme, puis capitulant en bas. En 2026, c’est de plus en plus un flux institutionnel : un conseiller en gestion de patrimoine qui rééquilibre un portefeuille, un fonds qui prend une ligne via un produit coté, une trésorerie d’entreprise qui exécute un programme d’achat planifié.

Ce changement a une conséquence directe sur la prévision de fin d’année : elle devient une question de flux, pas d’ambiance. Un objectif de prix n’a de sens que si l’on sait d’où viendrait l’argent nécessaire pour l’atteindre. Pour que le Bitcoin passe de 83 000 à 113 000 dollars, il faut un acheteur net sur la durée, capable d’absorber l’offre nouvelle des mineurs et la distribution des détenteurs de longue date. La bonne grille de lecture n’est donc pas la ligne de tendance d’un graphique, mais le solde quotidien du grand livre : entrées d’ETF moins sorties, achats de trésoreries moins ventes, demande au comptant moins émission.

Cela explique aussi pourquoi le marché réagit moins fort qu’avant aux grands titres macro. Quand le dernier acheteur price une politique monétaire six à douze mois à l’avance, un chiffre d’inflation ponctuel compte moins que la trajectoire des flux. Nous l’avons vu tout l’automne : des séances de panique rachetées en quelques heures, des records de collecte suivis de décollectes, le tout dans un couloir de prix relativement étroit. Le marché ne dort pas ; il attend de voir qui, de l’acheteur ou de la Fed, cédera le premier.

Le 20 octobre, l’acheteur est revenu (pour un jour)

La séance du 20 octobre mérite qu’on s’y arrête, car elle illustre toute l’ambivalence du moment. Les ETF Bitcoin ont capté 527 millions de dollars nets, leur plus forte journée depuis le 22 septembre et ses 714,7 millions. IBIT, le fonds de BlackRock, a concentré 665 millions d’entrées, sa meilleure séance de l’année, pendant que d’autres produits décollectaient : 83,6 millions sortis du fonds de Fidelity, 54,9 millions du véhicule de Grayscale. La rotation interne est en soi un signal : les investisseurs ne fuient pas la classe d’actifs, ils migrent vers le produit le moins cher et le plus liquide.

Mais un jour ne fait pas une tendance. Sur la semaine précédente, les ETF Bitcoin avaient perdu environ 229 millions ; la semaine encore avant, 681 millions, dont 487 pour la seule séance du 7 octobre. En cumul, octobre reste un mois de sorties pour les produits crypto, plus d’un milliard de dollars au total. Le fournisseur de données qui tient le grand livre résume bien la situation : l’essentiel de la décollecte mensuelle tient à une poignée de mauvaises séances, pas à un exode. L’acheteur institutionnel n’a pas capitulé, mais il a cessé d’être un acheteur net automatique.

Depuis leur lancement, les ETF Bitcoin au comptant américains ont accumulé près de 57 milliards de dollars de collecte nette, un socle que ni l’été ni l’automne 2026 n’ont entamé. C’est ce socle qui amortit les chocs : quand le prix a plongé sous 81 000 dollars après l’inflation du 14 octobre, il a trouvé preneur. La question de fin d’année se résume donc à un bras de fer de rythme : l’acheteur ETF peut-il redevenir net positif assez longtemps pour contrer une Fed qui durcit le ton en décembre ? Le 20 octobre dit que c’est possible ; le reste du mois dit que ce n’est pas acquis.

L’autre côté du grand livre : qui vend

Face aux acheteurs, trois catégories de vendeurs structurent l’offre. Les mineurs, d’abord : depuis le halving de 2024, le réseau émet environ 450 bitcoins par jour, une offre nouvelle modeste (moins de 1 pour cent d’inflation annuelle) mais mécaniquement vendue pour payer l’électricité et les machines. Les détenteurs de longue date, ensuite, qui profitent des rebonds pour alléger : quand le prix remonte vers leur prix de revient moyen, une partie du flottant ressort. Les trésoreries d’entreprise, enfin, longtemps acheteuses nettes, qui peuvent se changer en vendeuses lorsque leur prime boursière se retourne.

Ce dernier point mérite attention. Une partie de la demande institutionnelle de 2025 venait de sociétés cotées accumulant du Bitcoin au bilan, financées par l’émission d’actions au-dessus de leur valeur d’actif net. Quand cette prime s’érode, le modèle se grippe et l’acheteur se tait. L’exclusion de Strategy de certains indices boursiers a retiré au marché un acheteur passif qui achetait sans se poser de question ; nous avons détaillé ce basculement dans notre analyse de la façon dont MSCI débranche l’acheteur passif. Pour la fin d’année, cela veut dire une jambe de demande en moins, à remplacer par les ETF ou par la demande au comptant.

Les grandes adresses, enfin, ne sont pas toutes des mains solides. Une part notable du capital détenu par les baleines a été accumulée récemment, à des prix élevés, ce qui en fait des vendeuses potentielles dès que la cotation repasse sous leur coût d’entrée ; le realized cap de ces nouvelles baleines montre que leur coussin de plus-values est plus mince qu’il n’y paraît. Le grand livre de fin d’année n’a donc rien d’automatique : chaque euro d’entrée d’ETF doit absorber une offre bien réelle, et le prix ne monte que si la demande gagne ce bras de fer jour après jour.

La Fed à deux temps : pause en octobre, resserrement en décembre

Le deuxième plateau de la balance, c’est la Réserve fédérale, et son calendrier est inhabituel. Le 16 septembre, la Fed a relevé ses taux à 3,75-4,00 pour cent, sa première hausse depuis juillet 2023, par un vote unanime à douze voix, invoquant une économie solide et une inflation toujours au-dessus de la cible (CNBC). Les projections de septembre plaçaient la médiane des taux à 4,1 pour cent fin 2026 comme fin 2027, et seize des dix-huit membres anticipaient au moins une hausse supplémentaire. Autant dire que le biais est clairement restrictif.

Depuis, le marché a décomposé la question en deux temps. Pour la réunion du 28 octobre, il price environ 83 pour cent de maintien : après le choc d’inflation du 14 octobre, les paris de hausse avaient bondi vers 25 à 34 pour cent avant de refluer. Pour décembre, en revanche, la probabilité d’une hausse dépasse 76 pour cent, et celle d’au moins une hausse d’ici la fin de l’année franchit 95 pour cent ; les cambistes attribuent même de l’ordre de 40 pour cent de chances à des taux plus élevés d’un demi-point d’ici décembre (CNBC). La fin d’année ne se joue donc pas sur « si » la Fed resserre, mais sur « quand » et « combien ».

Complication supplémentaire : le président Kevin Warsh a supprimé la guidance prospective, cette habitude des banques centrales de préannoncer leurs intentions. À Bangkok, le 16 octobre, il a été catégorique : « C’est un nouveau chapitre pour la Fed, et nous ne faisons plus ce métier-là », ajoutant qu’il ne préjugeait d’aucune réunion (CNBC). Pour la crypto, l’effet est double : moins de signaux à l’avance, donc des réactions plus brutales le jour venu. Le marché options l’a bien compris et price un calme trompeur avant le 28 octobre, comme nous l’expliquons dans notre analyse de la volatilité implicite avant le FOMC.

La hausse d’avant-élection, rarissime

Un détail de calendrier charge la réunion d’octobre d’un poids politique. Le 28 octobre tombe six jours avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Or, depuis 1990, la Fed n’a relevé ses taux dans les sept jours précédant un scrutin national qu’une seule fois, le 2 novembre 2022. Une hausse le 28 octobre serait donc la deuxième en trente-six ans. Les cambistes lui attribuent malgré tout une probabilité non négligeable, de l’ordre de 40 pour cent selon certaines lectures, précisément parce que Warsh refuse de préjuger quoi que ce soit.

Pour l’investisseur, l’enjeu n’est pas l’arithmétique électorale, mais la fonction de réaction de la banque centrale. Une Fed qui se moque des convenances de calendrier et qui a aboli la guidance est, par construction, plus imprévisible. C’est exactement le contexte dans lequel un écart entre l’attendu et le réalisé produit les mouvements les plus violents, à la hausse comme à la baisse. Nous avons détaillé ailleurs le scénario de réaction du marché au 28 octobre et pourquoi, quoi qu’il arrive ce jour-là, c’est décembre qui tranche. La perspective de fin d’année doit intégrer ce biais : la Fed ne cherche pas à rassurer les marchés, elle cherche à ramener l’inflation, et elle l’a répété sous toutes les formes.

L’inflation qui rallume la mèche

Ce qui a rouvert le débat sur décembre, c’est le retour de l’inflation. L’indice des prix à la consommation de septembre, publié le 14 octobre, est ressorti à +0,6 pour cent sur le mois et +3,7 pour cent sur un an, au-dessus des attentes (+3,6 pour cent) ; l’inflation sous-jacente a progressé de 0,3 pour cent sur le mois, à 2,6 pour cent sur un an. L’essence, en hausse d’environ 9 pour cent, a porté près de la moitié de la progression de l’indice. Résultat immédiat : les paris sur une hausse en octobre ont bondi avant de retomber, et le marché a basculé sa prime de risque vers décembre (Forbes).

En face, le marché du travail se détend. Le rapport sur l’emploi de septembre, publié le 2 octobre, n’a montré que 29 000 créations de postes, loin des quelque 84 000 attendues, et le taux de chômage est remonté à 4,2 pour cent (CNBC). Cette combinaison, des prix qui réaccélèrent et un emploi qui faiblit, est le pire cocktail pour une banque centrale : elle rappelle la stagflation, où aucune des deux moitiés du mandat ne coopère. Pour la crypto, le message est celui d’un argent cher plus longtemps, un vent de face pour les actifs à duration longue.

C’est aussi ce qui rend la mécanique des flux si décisive. Dans un régime d’argent cher durable, l’actif ne monte pas parce que la macro s’améliore, mais parce qu’un acheteur structurel continue d’arriver malgré la macro. Le pari haussier de fin d’année n’est donc pas « la Fed va pivoter » ; c’est « les flux vont absorber une Fed qui ne pivote pas ». Toute la question est de savoir si l’acheteur marginal a les reins assez solides pour cela pendant dix semaines.

Le cycle amorti : pourquoi moins 34 pour cent n’est pas moins 80 pour cent

Prendre du recul aide à tenir le cap. Le Bitcoin se traite environ un tiers sous son record de 126 080 dollars établi le 6 octobre 2025 (24/7 Wall St.). Un repli d’un tiers fait mal, mais il faut le comparer aux cycles précédents : les marchés baissiers de 2013-2015, 2017-2018 et 2021-2022 avaient effacé entre 77 et 85 pour cent de la valeur au sommet. Le repli de 2026 est, jusqu’ici, environ trois fois moins violent que ses prédécesseurs.

L’explication tient en un mot : institutionnalisation. L’arrivée des ETF et des trésoreries a introduit une base d’acheteurs moins émotive, qui achète sur repli au lieu de vendre dans la panique, et qui a aplati la courbe des deux côtés (moins d’euphorie au sommet, moins de capitulation au creux). Le cycle de quatre ans, rythmé par les halvings, n’est pas mort, mais il ressemble de plus en plus à un plateau accidenté qu’à une montagne russe. C’est la thèse que Matt Hougan, directeur des investissements de Bitwise, pousse depuis un an.

Dans une note de la mi-octobre, Hougan a défendu un raisonnement qui revient à « tous les chemins mènent au Bitcoin » : si l’intelligence artificielle déclenche un boom de productivité, le capital cherche des actifs rares ; si la bulle de l’IA éclate, un sauvetage public massif, qu’il juge quasi certain, gonflerait la masse monétaire ; et même en croissance molle, la demande d’ETF et l’adoption institutionnelle soutiennent le cours (The Block). On peut trouver l’argument commode, mais il capte une réalité : la demande structurelle a changé de nature, et c’est elle qui amortit la chute. Un cycle amorti protège mieux au creux, mais il plafonne aussi les envolées : il faut renoncer aux hausses verticales d’antan.

La carte des objectifs (et pourquoi ils divergent)

Les objectifs des grandes maisons ne sont pas une prévision commune ; c’est une carte de désaccords. Trois banques ont d’ailleurs toutes abaissé leur cible au cours de 2026 (24/7 Wall St.). Le tableau ci-dessous convertit chaque objectif en euros et calcule l’écart à parcourir depuis environ 83 000 dollars.

MaisonObjectif (USD)Équivalent (EUR)Écart à parcourirHorizon
Standard Chartered100 000~89 000+20 %fin 2026
Citi113 000~100 600+35 %12 mois (oct. 2027)
Bernstein125 000~111 300+50 %fin 2026
JPMorgan150 000-170 000~133 500-151 400+80 à +104 %cycle
Tom Lee (Fundstrat)250 000~222 600+200 %cycle

La divergence s’explique par les hypothèses, pas par la boule de cristal. Citi modélise des flux d’ETF modestes et raisonne à douze mois, ce qui la place à 113 000 dollars pour octobre 2027, pas pour le 31 décembre. Standard Chartered vise 100 000 dollars en fin d’année, mais son stratège Geoff Kendrick a changé de ton : « Pour la première fois cette année, il existe un risque que ma prévision de fin d’année soit trop basse », a-t-il écrit, évoquant même un possible retour vers le record de 126 000 dollars avant la fin de l’année (Cointelegraph).

À l’autre bout de la carte, JPMorgan et Tom Lee raisonnent en cycle, pas en trimestre : leurs 150 000 à 250 000 dollars n’ont de sens que sur un horizon plus long, porté par l’adoption. Fait notable, la banque d’affaires américaine, longtemps sceptique, juge désormais que le Bitcoin surperformera les actions et l’or sur le long terme (Yahoo Finance). La leçon pratique pour l’investisseur : un objectif sans horizon ni hypothèse de flux n’est pas une prévision, c’est un slogan. Lisez toujours la date et le scénario d’ETF qui l’accompagnent avant d’y attacher la moindre importance.

Ethereum, la rotation qui tarde

La fin d’année d’un portefeuille diversifié dépend aussi d’Ethereum, et le constat y est plus sévère. L’Ether a reculé d’environ 38 pour cent sur un an et de plus de 7 pour cent sur le seul dernier mois, loin de son record de 4 954 dollars d’août 2025. Le 20 octobre, pendant que les ETF Bitcoin collectaient 527 millions, les ETF Ethereum ont décollecté 26 millions de dollars et les produits Solana 2,6 millions. La rotation vers les altcoins, rituel des cycles précédents, ne s’est pas matérialisée : l’acheteur marginal institutionnel ne descend pas la courbe de risque comme le faisait le particulier d’hier.

Cela ne veut pas dire que la thèse Ethereum est enterrée. Standard Chartered maintient un objectif de 7 500 dollars (environ 6 700 euros) et parle d’une « année de l’Ethereum » portée par les stablecoins et la finance décentralisée. Mais la proposition de valeur de l’Ether en 2026 passe de plus en plus par le rendement : staking, restaking, sécurisation d’autres protocoles. Or ce marché s’est fortement concentré, comme nous l’avons montré en analysant comment, dans le restaking, ce qui reste tient sur deux opérateurs. Pour la fin d’année, l’Ether reste un pari à bêta élevé sur le Bitcoin, avec une jambe de rendement en prime et un risque de concentration à surveiller.

L’euro, la variable cachée des objectifs en dollars

Pour l’investisseur de la zone euro, un objectif en dollars n’est qu’à moitié une prévision : l’autre moitié, c’est le taux de change. L’euro a perdu environ 3,2 pour cent face au dollar sur un an et se traite autour de 1,1232. Cela a un effet mécanique et souvent sous-estimé : un même prix en dollars vaut plus d’euros quand l’euro faiblit, et moins quand il se renforce. Le record du Bitcoin illustre le piège : 126 080 dollars valaient environ 107 700 euros en octobre 2025, quand l’euro cotait près de 1,17 ; au change d’aujourd’hui, ce même prix dépasserait 112 000 euros. Le lecteur en euros a donc déjà encaissé une partie du chemin, sans que le Bitcoin ait bougé en dollars.

Deux forces tirent le change en sens contraire d’ici la fin d’année. D’un côté, une Fed qui resserre soutient le dollar, donc gonfle la valeur en euros des gains libellés en dollars. De l’autre, la Banque centrale européenne a elle aussi relevé son taux de dépôt à 2,50 pour cent en septembre, ce qui limite la faiblesse de l’euro. Le résultat net est incertain, mais la leçon est claire : un lecteur en euros doit suivre l’EUR/USD autant que le prix du Bitcoin, car un objectif de 100 000 dollars n’a pas la même saveur à 1,05 ou à 1,20. Couvrir le risque de change, ou l’assumer en connaissance de cause, fait partie de la décision de fin d’année au même titre que le choix d’acheter ou non.

Le mur réglementaire : CLARITY mort, MiCA vivant

La réglementation n’imprime pas un prix, mais elle ouvre ou ferme des robinets de flux. Aux États-Unis, le grand projet de loi sur la structure de marché, le CLARITY Act, a échoué : le vote de procédure au Sénat a été rejeté par 49 voix contre 50 le 15 septembre, bien loin des 60 nécessaires (CoinDesk). Fait notable, le texte a buté non pas sur le partage de compétence entre la SEC et la CFTC, mais sur des clauses d’éthique visant les avoirs crypto des responsables publics. Résultat : pas de cadre fédéral clair avant 2027, une SEC réduite à deux commissaires et un financement de l’État fédéral assuré seulement jusqu’au 11 décembre.

En Europe, le contraste est net : le règlement MiCA est pleinement en vigueur. En France, la période transitoire pour les prestataires sur actifs numériques s’est achevée le 1er juillet 2026, et l’Autorité des marchés financiers est l’autorité compétente. Un prestataire non conforme doit organiser une sortie ordonnée, et exercer sans agrément est désormais un délit (AMF). À noter pour les amateurs de levier : les contrats à terme et les perpétuels sur crypto relèvent de la directive MiFID II, pas de MiCA, avec un effet de levier plafonné pour les particuliers. Un cadre clair en Europe, flou aux États-Unis : pour les flux de fin d’année, c’est l’incertitude américaine qui pèse le plus lourd, car c’est elle qui retient encore une partie des allocataires institutionnels.

Trois scénarios jusqu’au 31 décembre

Plutôt qu’un chiffre unique, voici trois états du monde, avec leurs déclencheurs et une fourchette de prix. Les probabilités sont indicatives : elles traduisent un jugement éditorial, pas une mesure de marché.

ScénarioDéclencheursBTC fin 2026Probabilité indicative
Absorption (haussier)maintien en octobre, flux ETF nets positifs, hausse de décembre déjà intégrée100 000 USD et plus (~89 000 EUR et plus)~30 %
Couloir nerveux (central)pause puis hausse de 25 pb, flux en dents de scie, pas de catalyseur réglementaire78 000-95 000 USD (~69 000-85 000 EUR)~45 %
Resserrement (baissier)hausse surprise en octobre et demi-point en décembre, flux nettement négatifs65 000-75 000 USD (~58 000-67 000 EUR)~25 %

Le scénario central n’est pas un pari sur la hausse ou la baisse, mais sur l’absence de résolution : une Fed qui resserre sans paniquer le marché, des flux qui alternent sans tendance franche, un Bitcoin qui use les nerfs dans un couloir large. Les deux extrêmes dépendent du même arbitre : le rythme net des flux. Si l’acheteur ETF redevient structurellement positif, l’absorption l’emporte ; s’il repasse vendeur net plusieurs semaines d’affilée face à un demi-point de hausse, le resserrement gagne. Tout le reste n’est que commentaire.

Comment lire les dix prochaines semaines

Voici la liste de contrôle à garder sous les yeux jusqu’au 31 décembre, dans l’ordre d’importance.

  • Le solde quotidien des flux ETF. C’est l’indicateur le plus direct de l’acheteur marginal. Une série de séances nettes positives vaut mieux qu’un record isolé ; une décollecte prolongée est le vrai signal baissier.
  • Le ton du 28 octobre, puis les projections du 9 décembre. Octobre dira surtout comment réagit un marché privé de guidance ; décembre apportera un nouveau graphique à points qui fixera la trajectoire de 2027.
  • Le positionnement dérivés. Le carnet d’options avant le 28 octobre penche d’un côté ; nous en détaillons la lecture dans notre suivi du positionnement dérivés avant le 28 octobre. Un financement des perpétuels qui s’emballe signale un excès de levier, donc un risque de purge.
  • L’EUR/USD. Pour un portefeuille en euros, le change peut ajouter ou retrancher plusieurs points de performance sur un objectif libellé en dollars.
  • Les échéances de Washington. Le 11 décembre, date limite du financement fédéral, est le joker réglementaire du trimestre.

La perspective de fin d’année 2026 tient dans une phrase : le marché a un acheteur structurel qui hésite et une banque centrale qui durcit. Qui cède le premier décidera du chiffre. Le reste, y compris les objectifs à 250 000 dollars, n’est qu’une hypothèse sur le rythme des flux habillée en prophétie. Suivez le grand livre, pas les slogans.

Foire aux questions

Quel est l’objectif de prix du Bitcoin pour fin 2026 ?

Il n’existe pas de consensus. Standard Chartered vise 100 000 dollars (environ 89 000 euros) en fin d’année, Bernstein 125 000, et Citi 113 000 à douze mois ; JPMorgan et Tom Lee évoquent 150 000 à 250 000 dollars sur le cycle. Cette fourchette très large reflète des hypothèses de flux et des horizons différents, pas une prévision commune : un objectif sans hypothèse de flux n’est pas fiable.

La Fed va-t-elle monter ses taux en décembre 2026 ?

Le marché juge une hausse en octobre peu probable (environ 83 pour cent de maintien), mais attribue plus de 76 pour cent de chances à une hausse le 9 décembre, et plus de 95 pour cent à au moins une hausse d’ici la fin de l’année. La Fed a relevé ses taux à 3,75-4,00 pour cent en septembre et prévient que l’inflation reste au-dessus de sa cible.

Pourquoi les ETF Bitcoin ont-ils connu des sorties en octobre 2026 ?

Octobre affiche plus d’un milliard de dollars de sorties nettes sur les produits crypto, mais l’essentiel tient à quelques mauvaises séances, dont le 7 octobre (moins 487 millions). Le 20 octobre, les ETF Bitcoin ont rebondi avec 527 millions d’entrées, leur meilleure journée depuis septembre. Les données suggèrent une hésitation des institutions, pas un exode.

Le cycle de quatre ans du Bitcoin est-il mort ?

Il semble surtout amorti. Le repli de 2026, environ un tiers sous le record d’octobre 2025, est trois fois moins violent que les marchés baissiers précédents (de 77 à 85 pour cent). L’arrivée des ETF et des trésoreries a introduit une base d’acheteurs moins émotive, qui achète sur repli, aplatissant le cycle des deux côtés.

Comment la réglementation affecte-t-elle la fin d’année ?

Aux États-Unis, l’échec du CLARITY Act (rejeté 49 à 50 le 15 septembre) laisse le cadre fédéral flou avant 2027 et le financement de l’État assuré jusqu’au 11 décembre seulement. En Europe, MiCA est pleinement en vigueur ; en France, la période transitoire s’est achevée le 1er juillet 2026 et l’AMF est l’autorité compétente. L’incertitude américaine pèse davantage sur les flux.

Par Julien Marchand, rédacteur macro et marchés chez HOGE Wire.

Share 𝕏 Post Telegram