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● Predictions & Forecasts

FOMC du 28 octobre : comment la crypto réagit à la Fed

La Fed de Kevin Warsh devrait maintenir ses taux le 28 octobre, mais pour la crypto un statu quo n'est jamais neutre. Canaux de transmission, scénarios et niveaux à surveiller.

Ce samedi 24 octobre 2026, le Bitcoin s’échange autour de 72 000 euros (environ 80 600 dollars), à quatre jours d’une réunion de la Réserve fédérale que presque personne n’attend comme un évènement. Le Comité de politique monétaire (FOMC) se réunit les 27 et 28 octobre, et la décision tombera le mercredi 28 vers 19 heures, heure de Paris. Les marchés à terme donnent une très large majorité à un maintien du taux directeur dans sa fourchette actuelle de 3,75 % à 4,00 %, celle fixée lors de la hausse surprise de septembre.

C’est précisément là que se niche le risque. Quand une banque centrale ne surprend pas, la réaction du marché ne vient plus de la décision elle-même, mais du positionnement accumulé avant elle, du ton du président et de la moindre virgule du communiqué. Pour la crypto, dont la liquidité reste mince et l’effet de levier abondant, un « non-évènement » macroéconomique peut déclencher un mouvement de plusieurs pour cent en quelques minutes. Voici comment lire cette réaction, canal par canal, et ce qu’il faut surveiller le 28 au soir.

Un FOMC qui ne devrait rien changer, et c’est justement le risque

La Fed présidée par Kevin Warsh a surpris les marchés le 16 septembre en relevant son taux directeur d’un quart de point, première hausse depuis 2023, pour le porter dans la fourchette de 3,75 % à 4,00 %. Le vote avait été unanime. Warsh avait décrit le geste non comme un tour de vis mais comme le retrait d’« une dose d’accommodation », en promettant un retour « plus rapide » vers la cible de 2 % d’inflation. Cette formule, volontairement ambiguë, a laissé planer l’idée d’une seconde hausse d’ici la fin d’année, et c’est elle que les opérateurs vont guetter mot pour mot le 28 octobre.

Pour cette réunion d’octobre, l’outil CME FedWatch et les marchés de prédiction convergent vers un statu quo : environ huit chances sur dix d’un maintien, la probabilité d’une hausse ressortant entre 7 % et une quinzaine de pour cent selon les sources. Le desk QCP est allé plus loin, estimant le 23 octobre que les probabilités d’une hausse en octobre étaient « tombées proches de zéro », sous l’effet du stress sur le crédit et de la faiblesse des actions.

Un maintien est donc l’hypothèse centrale. Mais pour un actif risqué comme le Bitcoin, l’absence de surprise ne garantit pas le calme. Le marché a passé des jours à se couvrir, et la levée de cette incertitude est elle-même un catalyseur. Le paradoxe de ce FOMC, c’est qu’il risque de faire bouger les prix non pas malgré son absence de surprise, mais à cause d’elle.

Ce que décide vraiment le FOMC, et pourquoi la crypto y réagit

Le FOMC fixe la fourchette du taux des fonds fédéraux, le loyer de l’argent à très court terme aux États-Unis. Mais la décision chiffrée n’est qu’une partie du message. Trois éléments comptent autant, parfois davantage : le communiqué, dont chaque changement de formulation est disséqué ; le résumé des projections économiques avec son fameux « dot plot » ; et la conférence de presse du président, où une phrase mal calibrée peut effacer en direct l’effet de la décision.

Détail capital pour octobre : il n’y a pas de nouveau « dot plot » cette fois. Ces projections ne sont publiées qu’une réunion sur deux environ (mars, juin, septembre, décembre). Le 28 octobre, le marché n’aura donc que le communiqué et les mots de Warsh pour deviner la trajectoire. Le prochain nuage de points n’arrivera qu’en décembre, ce qui charge d’autant plus la conférence de presse en signification. Chaque adjectif sur l’emploi, l’inflation ou le « rythme approprié » du resserrement sera pesé au trébuchet.

Pourquoi la crypto y réagit-elle si fort ? Parce que le Bitcoin se comporte, à court terme, comme un actif de duration longue et à haut bêta : il capte les variations de liquidité et de taux réels plus violemment que les actions. Quand le coût de l’argent monte ou que le dollar se renforce, les actifs sans rendement et spéculatifs sont les premiers vendus ; quand la liquidité s’élargit, ils rebondissent plus vite. Le FOMC est le principal robinet de cette liquidité mondiale, et la crypto, négociée 24 heures sur 24 sans coupe-circuit, encaisse le choc sans filtre.

Un dernier levier, souvent sous-estimé, est le bilan de la Fed. Warsh a fait de sa réduction (le « quantitative tightening ») un marqueur de sa présidence, ce qui retire de la liquidité du système en parallèle de l’action sur les taux. Tout signal sur le rythme de cette contraction serait lu par la crypto comme un durcissement ou un assouplissement caché, indépendamment du taux directeur affiché.

Les canaux de transmission : dollar, taux réels, liquidité

Le premier canal est le dollar. L’indice DXY évoluait autour de 101,75 le 23 octobre, après un pic à 102,61 le 12 octobre, au plus haut depuis avril 2025, porté par la remontée des rendements obligataires et le prix du pétrole. Un dollar fort pèse mécaniquement sur le Bitcoin, coté en dollars et négocié mondialement contre le billet vert : à appétit pour le risque constant, chaque point gagné par le DXY retire un peu d’oxygène aux actifs les plus spéculatifs.

Le deuxième canal est celui des taux réels. Le rendement du Trésor américain à dix ans évolue autour de 5,15 %, un niveau qui renchérit le coût d’opportunité de détenir un actif qui ne verse aucun coupon. Plus les taux réels sont élevés, plus la barre à franchir pour justifier une position en Bitcoin est haute. Un ton restrictif de Warsh, en poussant ces rendements encore plus haut, agirait comme un frein direct.

Le troisième canal, plus diffus, est la liquidité et l’appétit pour le risque. En octobre, le Bitcoin a suivi la faiblesse des actions, notamment la réévaluation du risque de crédit autour des infrastructures d’intelligence artificielle, dans un mouvement de fuite vers la qualité décrit par QCP. Autrement dit, le Bitcoin ne vit pas dans une bulle isolée : il respire au rythme du macro, et sa corrélation avec les indices actions a tendance à bondir précisément les jours de FOMC.

Le schéma « acheter la rumeur, vendre la nouvelle »

Il existe un comportement récurrent du Bitcoin autour des réunions de la Fed, documenté réunion après réunion. Le prix tend à monter dans les jours qui précèdent, puis à se replier une fois la décision connue. Selon un décompte repris par plusieurs desks, le Bitcoin a reculé après huit des neuf dernières réunions du FOMC, et CoinDesk décrivait déjà au printemps un marché exposé au risque de « sell the news ».

La mécanique est simple. Avant la réunion, les traders se positionnent à la hausse pour capter l’issue anticipée ; une prime d’incertitude gonfle la volatilité implicite. Quand l’annonce tombe, cette prime s’évapore d’un coup, et le côté long, devenu trop encombré, se dénoue. Le point bas se forme en général dans les 48 heures qui suivent la conférence de presse, après quoi le prix remonte graduellement sur une à deux semaines. Ce n’est pas une fatalité, mais une tendance de positionnement, et elle se vérifie surtout quand le marché est unanimement placé du même côté avant la réunion.

L’historique récent est éloquent : en 2025, le Bitcoin a terminé en baisse dans les 48 heures suivant sept des huit réunions du FOMC. La répétition a fini par créer son propre réflexe, certains opérateurs vendant par anticipation du « sell the news » lui-même, ce qui accentue le schéma plutôt que de le corriger.

Ce schéma explique pourquoi un simple maintien, parfaitement anticipé, peut tout de même provoquer une baisse : ce n’est pas la décision qui fait vendre, c’est le dénouement des paris pris avant elle. À l’inverse, un marché déjà bien dégonflé, comme celui d’octobre après plusieurs semaines de sorties, laisse moins de longs à liquider et peut amortir la réaction.

PhaseFenêtreComportement typique du Bitcoin
Pré-réunionJ-5 à J-1Hausse sur anticipation, volatilité implicite qui gonfle
Annonce19 h (Paris)Pic de volatilité, faux mouvements fréquents
AprèsJ à J+2Repli et dénouement des longs (8 des 9 dernières réunions)
DigestionJ+2 à J+14Stabilisation puis reprise graduelle
Schéma indicatif, d’après l’historique des réactions post-FOMC.

Le décor macro d’octobre : inflation, pétrole et un shutdown repoussé

Pour comprendre pourquoi la Fed reste sur la défensive, il faut regarder l’inflation. L’indice des prix à la consommation de septembre, publié le 14 octobre, a progressé de 0,6 % sur le mois et de 3,7 % sur un an. L’indice de base, hors alimentation et énergie, ressort à 2,6 % sur un an. Autrement dit, l’inflation sous-jacente est maîtrisée, mais le chiffre d’ensemble repart à la hausse.

Le coupable est connu : l’énergie. L’indice de l’énergie a bondi de 5,2 % et l’essence de 9,1 %, dans le sillage des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Une inflation tirée par le pétrole est exactement le type de choc qui complique la vie d’une banque centrale : la relever risque d’étouffer l’activité sans agir sur la cause, la laisser filer menace la crédibilité du mandat de 2 %.

Ajoutez à cela un paysage budgétaire fragile, avec un financement de l’État fédéral seulement assuré jusqu’à la mi-décembre après l’accord qui a éloigné le risque de shutdown, et vous obtenez un comité qui préfère temporiser en octobre tout en gardant la porte ouverte à un geste en décembre. C’est ce biais restrictif latent qui empêche les probabilités de hausse de tomber tout à fait à zéro, et qui maintient une prime de risque sur les actifs volatils.

Pourquoi « statu quo » ne veut pas dire « calme »

Un maintien peut être lu de deux façons opposées. Un statu quo « colombe » s’accompagne d’un ton prudent : Warsh insisterait sur les risques pesant sur l’emploi et la croissance, validant implicitement l’idée que le cycle de hausses touche à sa fin. Un statu quo « faucon », au contraire, maintient explicitement la menace d’une hausse en décembre et répète la formule de la « dose d’accommodation » encore à retirer. Le même taux inchangé peut donc produire deux réactions de marché diamétralement opposées.

Or les projections de septembre de la Fed prévoyaient encore une hausse cette année. Entre-temps, le marché a basculé dans l’autre sens, QCP évoquant même un affaiblissement de la conviction sur décembre. Cet écart entre les « dots » de septembre et le pricing d’octobre est le vrai champ de bataille : si Warsh confirme la lecture accommodante du marché, soulagement ; s’il la contredit pour défendre l’option de décembre, le dollar se raffermit et la crypto trinque.

En l’absence de nouveau « dot plot » le 28, tout reposera sur une poignée de mots. C’est pourquoi les traders d’options se préparent à un pic de volatilité même dans le scénario, pourtant le plus probable, d’un maintien pur et simple. Le risque n’est pas binaire (hausse ou pas), il est sémantique.

Le livre d’options avant la réunion : volatilité au plancher

Le paradoxe d’octobre, c’est que la volatilité implicite est tombée très bas juste avant un catalyseur majeur. L’indice DVOL de Deribit se traitait autour de 37, l’un des plus bas niveaux des cinq dernières années, le cabinet K33 Research attribuant ce calme à une activité atone et à des volumes faibles avant la réunion. Résultat : les options sont relativement bon marché, ce qui favorise l’achat de couverture plutôt que sa vente, et prépare le terrain à un mouvement brusque si la Fed sort du script.

La volatilité réalisée sur trente jours tourne autour de 20 % à 25 %, et le marché affiche un skew vendeur d’environ 16 points, signe que les opérateurs paient pour se protéger à la baisse. La fourchette implicite à un écart-type autour du FOMC s’étend d’environ 78 300 à 87 100 dollars (environ 69 700 à 77 500 euros). L’expiration mensuelle du 30 octobre, elle, concentre près de 148 600 contrats pour 12,2 milliards de dollars de notionnel, dont environ deux tiers de calls, avec un « max pain » situé vers 79 000 dollars (environ 70 000 euros).

Une volatilité implicite basse a une conséquence contre-intuitive : elle rend l’assurance peu chère. Acheter un « straddle » (un call et un put de même échéance) coûte peu quand le DVOL est au plancher, si bien que les desks se couvrent à bon compte contre un dérapage dans un sens comme dans l’autre. C’est le signe d’un marché qui n’anticipe pas de grand mouvement, mais qui tient à être protégé au cas où il se tromperait.

IndicateurNiveau (24 oct.)Lecture
DVOL (vol. implicite Deribit)~37 à 38Plus bas depuis environ 5 ans
Volatilité réalisée 30 j~20 à 25 %Marché atone
Skew put 25-delta~16 pointsCouverture à la baisse
Fourchette implicite 1 écart-type78 300 à 87 100 $~69 700 à 77 500 EUR
Expiration du 30 octobre~148 600 BTC / 12,2 Mds$~2/3 de calls
Max pain du 30 octobre~79 000 $~70 000 EUR
Sources : Cryptobriefing / K33 Research, recherche macro Au79, Cryptoticker (Deribit).

Cette configuration, décortiquée dans notre analyse du calme trompeur avant le 28 octobre, a une conséquence pratique : une surprise, même modeste, frapperait un marché peu préparé à bouger, ce qui amplifierait le mouvement. Les teneurs de marché, courts en gamma près du « max pain », seraient contraints de suivre le mouvement plutôt que de l’amortir. Le détail du positionnement sur le livre d’options complète ce tableau.

Les ETF spot, nouveau canal de transmission

Depuis l’arrivée des ETF Bitcoin au comptant, un canal supplémentaire relie la macro au prix : les flux quotidiens de ces fonds. Quand Wall Street réagit à la Fed, il le fait désormais aussi via les souscriptions et rachats d’ETF, qui se traduisent en achats et ventes réels de Bitcoin, généralement le lendemain. Ce canal fonctionne dans les deux sens et peut autant amplifier qu’amortir la réaction au FOMC.

Octobre a été particulièrement nerveux. Le 22 octobre, les ETF spot ont enregistré 635,5 millions de dollars de sorties, la plus forte journée depuis juin 2025, l’IBIT de BlackRock en concentrant 254,1 millions. Trois jours plus tôt, le 19 octobre, le même IBIT avait au contraire attiré 665 millions de dollars. Ce yoyo illustre une vérité devenue structurante : le vendeur et l’acheteur marginaux du Bitcoin sont de plus en plus des gérants passifs, dont les décisions suivent le signal macro plus que la conviction crypto.

Date (oct. 2026)Flux ETF spot (jour)dont IBIT (BlackRock)
12 octobre-65,4 M$-65,4 M$ (tout le marché)
19 octobre+526,6 M$+665,2 M$
22 octobre-635,5 M$-254,1 M$
23 octobresortie nette-110,3 M$
Sources : Cryptobriefing, Cryptopolitan, FinanceFeeds, TFTC.

Le risque spécifique que surveille le marché, c’est celui d’un détenteur institutionnel contraint de vendre. QCP cite précisément l’éventualité qu’une trésorerie d’entreprise soit forcée de liquider, scénario que nous avons analysé quand MSCI a menacé d’exclure l’acheteur passif de ses indices. Un tel vendeur, surgissant au mauvais moment autour du FOMC, transformerait un repli ordinaire en cascade.

Effet de levier : la leçon du 10 octobre

Il y a tout juste un an, le marché a offert une démonstration brutale de sa fragilité. Le 10 octobre 2025, un choc macro, l’annonce par Donald Trump de droits de douane de 100 % sur les importations chinoises, a déclenché la plus grande liquidation de l’histoire de la crypto : plus de 19 milliards de dollars de positions à effet de levier effacées, le Bitcoin plongeant d’environ 122 500 à 107 000 dollars et l’open interest des perpétuels s’effondrant de 43 %, de 217 à 123 milliards de dollars.

Un an plus tard, la liquidité s’est reconstruite, mais le Bitcoin reste nettement sous son record. La leçon est directement applicable au 28 octobre : quand un livre à effet de levier est encombré d’un seul côté, il suffit d’un catalyseur macro pour transformer une correction en liquidation en chaîne. C’est sur les plateformes de perpétuels que ce levier se concentre, et c’est là que se lisent les premiers signes de stress.

Avant la réunion, deux indicateurs méritent une attention particulière : le taux de financement des contrats perpétuels, qui révèle de quel côté penche la foule, et l’open interest, qui mesure la quantité de poudre à liquider. Un financement très positif juste avant le FOMC est un signal d’alarme classique : il indique que trop de monde paie pour rester long, et donc qu’un repli pourrait s’auto-alimenter.

Concrètement, un opérateur prudent regarde trois chiffres la veille du FOMC : un financement des perpétuels nettement positif, un open interest gonflé et un ratio long/short déséquilibré pointent vers un marché vulnérable à une secousse. À l’inverse, un livre déjà nettoyé, comme après les sorties d’octobre, laisse peu de carburant à une cascade et plaide pour une réaction plus contenue.

Trois scénarios pour le 28 octobre

Voici les trois issues principales et leurs conséquences probables pour la crypto. Les niveaux sont indicatifs et dérivés de la fourchette implicite des options ; ils servent à calibrer le risque, pas à prédire.

ScénarioProbabilité (marché)Signal cléRéaction crypto attendue
Statu quo « colombe »Hypothèse centralePas de hausse, Warsh temporiseSoulagement bref puis prises de bénéfices (sell the news), retour vers 72 000 à 74 000 EUR
Statu quo « faucon »SignificativeMaintien mais menace de décembre réaffirméeDollar ferme, pression baissière, test des supports vers 70 000 EUR
Hausse surprise de 25 pb~7 à 15 %Passage à 4,00 % à 4,25 %Choc baissier, liquidations de longs, vers 69 000 EUR et moins
Probabilités d’après CME FedWatch et marchés de prédiction ; niveaux dérivés des options (Deribit).

À noter : même dans le scénario haussier pour le risque (un ton très accommodant), le schéma « sell the news » peut l’emporter à court terme. Le soulagement nourrit d’abord un sursaut, vite rattrapé par les prises de bénéfices de ceux qui avaient acheté l’anticipation. C’est pourquoi les niveaux post-annonce comptent souvent moins que la direction prise 48 heures plus tard.

Ce que disent les desks : QCP, 21shares, Maelstrom

Les grandes maisons de trading convergent sur un point : le 28 octobre est un catalyseur, pas un verdict. QCP Capital retient pour le quatrième trimestre une fourchette de base de 80 000 à 90 000 dollars (environ 71 000 à 80 000 euros), en identifiant comme déclencheurs les sorties d’ETF et l’éventuelle vente forcée d’un gros détenteur. Le desk place un seuil technique clé autour de 87 200 dollars, dont la reconquête changerait la tonalité du marché.

Le cabinet K33 Research lie pour sa part le calme actuel à des volumes faibles, et prévient qu’un marché atone peut basculer vite dès qu’un catalyseur réveille les flux. Plusieurs desks relèvent que le Bitcoin suit de près la réévaluation du risque de crédit sur l’intelligence artificielle et la faiblesse des actions : en octobre, c’est le macro qui mène la crypto, pas l’inverse.

Du côté des émetteurs, Matt Mena, stratège chez 21shares, jugeait début octobre que des données macro plus incertaines pourraient faire sauter la résistance autour de 85 000 dollars et ouvrir la voie vers 90 000 puis 97 000 dollars. Une vision constructive, à condition que la Fed valide le scénario accommodant que le marché a commencé à intégrer.

Tout le monde n’attend pas sereinement. Arthur Hayes, fondateur du family office Maelstrom et ancien patron de BitMEX, a annoncé le 24 octobre sur X avoir soldé l’intégralité de son portefeuille directionnel, soit environ 22 millions de dollars, expliquant vouloir rester « sur la touche » le temps d’y voir clair dans un environnement macro et géopolitique qu’il juge « risqué ». Qu’on partage ou non sa prudence, le geste résume l’humeur dominante : réduire le risque avant le brouillard plutôt que parier sur son issue.

L’angle européen : BCE, euro et l’investisseur encadré par l’AMF

Pour l’investisseur francophone, la décision de la Fed se lit à travers deux filtres. D’abord la Banque centrale européenne, qui suit sa propre trajectoire : un écart de taux favorable au dollar tend à affaiblir l’euro, ce qui amortit en partie la baisse d’un Bitcoin coté en euros quand le BTC recule en dollars mais que le billet vert se renforce. Le prix en euros, autour de 72 000 à ce stade, bouge donc souvent moins violemment que son équivalent en dollars, un détail qui compte pour qui mesure sa performance dans la monnaie unique.

Ensuite, le cadre réglementaire. L’Autorité des marchés financiers (AMF) rappelle régulièrement que les produits dérivés crypto à effet de levier figurent parmi les plus risqués pour les particuliers, et le règlement MiCA encadre désormais l’accès au marché européen. Trader une réaction FOMC au levier, sur un marché peu liquide et volatil, relève exactement du comportement que le régulateur met en garde. La règle de bon sens reste la même : la taille de position prime sur la conviction directionnelle, et un stop défini à l’avance vaut mieux qu’une certitude sur l’issue de la réunion.

Il existe aussi une lecture plus structurelle pour l’Europe. Tant que la BCE et la Fed divergent, l’euro et le dollar racontent deux histoires monétaires distinctes, et le Bitcoin sert de plus en plus de baromètre commun de la liquidité mondiale. Pour l’épargnant européen, l’enjeu n’est pas de deviner un quart de point américain, mais de comprendre que son exposition crypto réagit d’abord à des décisions prises à Washington, pas à Francfort.

Après le 28 : décembre, les midterms et la fin d’année

Le vrai rendez-vous n’est peut-être pas celui du 28 octobre, mais celui du 9 décembre. C’est à cette réunion, accompagnée d’un nouveau « dot plot », que se jouera l’arbitrage entre l’inflation tirée par l’énergie et le ralentissement de l’activité. D’ici là, deux jalons : les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, dont le résultat pèsera sur la politique budgétaire, et l’échéance du financement fédéral à la mi-décembre.

Pour le Bitcoin, la question de fond reste celle de l’acheteur marginal d’ici décembre : ETF, trésoreries d’entreprise ou particuliers. Nous l’avons détaillée dans nos perspectives de fin d’année. La réaction du 28 octobre n’est qu’un chapitre de cette histoire plus longue, utile surtout pour calibrer le risque à l’approche de l’échéance de décembre, bien plus que pour trancher la direction du trimestre.

Les marchés de prédiction penchent déjà vers une hausse en décembre plutôt qu’en octobre, mais la conviction reste fragile, comme le souligne QCP. Entre un choc pétrolier qui pousse à resserrer et un crédit qui se tend et incite à attendre, décembre s’annonce comme la vraie bifurcation du cycle. La réaction du 28 octobre servira surtout de répétition générale.

Lire la réaction en direct : la checklist

Le 28 au soir, quelques réflexes permettent de décoder le mouvement plutôt que de le subir.

  • Comparer le communiqué mot à mot avec celui de septembre : toute mention, ajoutée ou retirée, d’un resserrement « approprié » en décembre est le signal numéro un.
  • Se souvenir qu’il n’y a pas de nouveau « dot plot » en octobre : tout se joue sur le texte et la conférence de Warsh, vers 19 h 30 à Paris.
  • Surveiller le dollar (DXY) et le rendement du dix ans dans les minutes qui suivent : ils réagissent souvent avant la crypto et en donnent la direction.
  • Vérifier le taux de financement des perpétuels et l’open interest : un financement très positif trahit des longs vulnérables.
  • Attendre les flux d’ETF du lendemain (J+1) : ils confirment ou infirment la réaction du marché au comptant.
  • Ce qu’il ne faut pas faire : trader le tout premier mouvement, souvent un faux signal, avec un fort effet de levier.

Frequently Asked Questions

La Fed va-t-elle relever ses taux le 28 octobre 2026 ?

Les marchés à terme et les plateformes de prédiction donnent une large majorité à un maintien du taux directeur dans la fourchette de 3,75 % à 4,00 %, avec une probabilité de hausse comprise entre 7 % et une quinzaine de pour cent selon les sources. La décision plus incertaine est celle de décembre.

Pourquoi le Bitcoin baisse-t-il souvent juste après une réunion de la Fed ?

C’est le schéma « acheter la rumeur, vendre la nouvelle ». Les traders se positionnent à la hausse avant la réunion ; une fois l’incertitude levée, les positions longues encombrées se dénouent. Le Bitcoin a reculé après huit des neuf dernières réunions du FOMC, avec un point bas souvent atteint dans les 48 heures.

À quelle heure tombe la décision du FOMC, heure de Paris ?

Le communiqué est publié à 14 heures à New York, soit 19 heures à Paris le 28 octobre. La conférence de presse du président Kevin Warsh suit une trentaine de minutes plus tard, vers 19 h 30, et c’est souvent elle qui déclenche le plus de volatilité.

Qu’est-ce que le « dot plot » et pourquoi compte-t-il pour la crypto ?

Le « dot plot » est le graphique des projections de taux des membres de la Fed. Il n’y en a pas de nouveau en octobre : le prochain paraît en décembre. En orientant les anticipations de taux, il pèse sur le dollar et les taux réels, deux variables clés pour le prix du Bitcoin.

Quels niveaux de Bitcoin surveiller autour du 28 octobre ?

La fourchette implicite à un écart-type dérivée des options va d’environ 69 700 à 77 500 euros (78 300 à 87 100 dollars). Le « max pain » de l’expiration du 30 octobre se situe vers 70 000 euros (79 000 dollars), et le support immédiat tourne autour de 72 000 euros.

Par la rédaction de HOGE Wire, pôle marchés et macro. Publié le 24 octobre 2026 ; les prix et probabilités cités évoluent en temps réel.

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